• Sur le toit de l'enferSur le toit de l'enfer
    Ilaria Tuti
    Traduit de l'italien par Johan-Frédérik Hel-Guedj
    La Bête Noire - 2018
    9782221218730 

    Résumé éditeur : Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le cœur tendre, est appelée sur les lieux d’un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages… et ses vêtements ensanglantés.
    Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s’en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut…

     Mon avis : Un premier polar italien qui me faisait de l’œil depuis sa sortie sans que je n'arrive à trouver le bon moment avant aujourd’hui. Si au départ je m'attendais à du glauque au vue du premier meurtre, le récit reste dans une ambiance un peu moins noire que ce à quoi je pensais. Alors oui, les âmes sensibles vont sûrement frissonner par moment mais cela reste raisonnable ! Sur le toit de l'enfer est un polar dont l'enquête aboutie sur une fin très inattendue et qui est surtout prenant pour son ambiance. C'est ce qui m'a happée de la première à la dernière page. Entre la commissaire, et son caractère très fort voir par moment repoussant qui cache pourtant sous cette façade un secret bien plus grand et urgent, et cette enquête qui n'avance pas dans ce petit village...
    La tension est palpable très rapidement car Teresa est certaine qu'il ne s'agit que d'un commencement, on frémit à chaque théorie exploitée et cela est sans compté ces mystérieux chapitres qui entre-coupent le récit et qui nous plongent en Autriche en 1978...
    L'auteure a eu un soucis du détails sur les scènes de la nature qui entourent ce village. Elle est d'ailleurs omniprésente à toute l'enquête et appuie le côté sauvage des meurtres. J'ai trouvé son évocation très juste et qui renforce l'atmosphère étrange que revêt toute cette histoire. J'ai passé un super moment dans le froid, la forêt et les courants de cette montagne où un mal inattendu rôde...


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  • On n'efface pas les souvenirsOn n'efface pas les souvenirs
    Sophie Renouard
    Albin Michel - 2019
    9782226441102

    Résumé éditeur : Comment retrouver son chemin quand on a tout perdu ?
    Annabelle a une vie merveilleuse. Un mari qui l’aime, deux petites filles adorables, une famille soudée.
    Jusqu’à ce jour de septembre où elle est brutalement arrachée à ses proches, laissée pour morte au milieu de la forêt. Lorsqu’elle reprend conscience, sa mémoire s’est effacée. Plus de traces… Pour remonter le fil de sa vie, Annabel va devoir affronter la face cachée d’un bonheur qu’elle croyait parfait.
    Avec une extrême sensibilité, Sophie Renouard explore les zones d’ombre d’une existence ordinaire. Captivant.

    Mon avis : Un premier roman qui m'avait beaucoup intrigué toujours et encore autour de cette notion de mémoire. Et je dois dire que je l'ai dévoré en à peine trois jours. En revanche, je ne m'attendais absolument pas du tout à la tournure de cette histoire. J'y voyais plutôt un accident et l'après au quotidien d'une jeune femme qui ne reconnait plus les siens. Si vous vous attendez à cela autant vous le dire, rien à voir ! Nous sommes dans un roman  plus dramatique qu'un simple accident par la noirceur qui va atteindre cette famille si paisible et heureuse. D'un côté nous avons une famille détruite par la perte d'un être cher sans qui le quotidien n'a plus de sens et à des centaines de kilomètres, Annabelle. Sans aucun souvenir que cette blessure insidieuse et le néant dans sa tête.
    C'est un roman à la fois terrible et très lumineux pourtant par l'élan d'espoir qu'il apporte, montrant que la vie mérite d'être vécue malgré les épreuves et qu'au delà du destin, elle peut parfois réserver des surprises quand on sait y prêter attention.


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  • La Fée des dents
    Graham Joyce
    Traduit de l'anglais par Michel Pagel
    Bragelonne - 2018
    9782352941583

    Résumé éditeur : « La fée des dents », ainsi appelle-t-on la « petite souris » qui passe sous l’oreiller des bambins en Grande-Bretagne. Une innocente invention, un conte pour enfants… jusqu’à cette nuit où le jeune Sam Southall la surprend dans sa chambre ! Voilà qui n’était pas prévu… ni le fait que la créature, qui s’appelle Quenotte, se révèle bien différente de la fée bienveillante qu’imaginent les petits. Perverse, dangereuse, elle va poursuivre Sam et sa bande de copains tout au long de leur adolescence, rythmée par des drames affreux, et changer leur vie pour toujours…
    Voici enfin réédité le chef-d’œuvre de Graham Joyce sur le merveilleux et l’étrangeté du monde de l’enfance, un somptueux roman initiatique dans la lignée de Stephen King et de Ray Bradbury. Un classique effrayant, nostalgique et drôle. 

    Mon avis : Un livre assez énigmatique je vous l'avoue, car même en ayant laissé passer quelques jours, j'ai du mal à savoir si j'ai aimé ou non ce livre. Si vous vous attendez à une revisite dans un style merveilleux, passez votre chemin. Si vous vous attendez à une version de la petite souris version Stephen King, là en revanche vous serez servi ! Alors la Fée des dents elle est comment ? Cette version anglo-saxonne de notre petite souris est plutôt terrifiante, sensuelle autant que glauque et va littéralement pourrir la vie d'un adolescent et de son cercle d'ami. C'est un roman qui comme je le disais est très étrange car il est dur de savoir où veut aller l'auteur. Pour ma part, je me suis laissée balader entre fascination et dégout au rythme des chapitres. Quenotte, comme notre narrateur l’appelle , va apparaitre une nuit chez un petit garçon en ne cessant de le tourmenter de son enfance à son entrée dans la vie d'adulte. D'horreur en horreur on suit trois amis : Sam, Terry et Clive dans une Angleterre qui n'est pas datée mais semble être celle des années 1950-1960. Autant envoutante qu’écœurante, cette fée va tour à tour aider et contrer les plans de ces enfants avec une haine et une sexualité dévorante. Sur plusieurs chapitres je me suis demandée si Sam n'était pas juste fou ou si tout cela était réel. Plongeant avec lui dans cette atmosphère étrange et terrifiante à la fois, sans pouvoir résister au fil des page, j'ai été captivée autant que dégoutée. Nostalgie d'une jeunesse désenchantée, ce roman reste très cru par moment surtout sur des scènes de sexe avec des adolescents.

     

    La Fée des dentsLa Fée des dents


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  • SurfaceSurface
    Olivier Norek
    Michel Lafon - 2019
    9782749934983

    Résumé éditeur : Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police. Là-bas, personne ne veut de son enquête. 

    Mon avis : Mon deuxième Olivier Norek et comment vous dire qu'avant même la moitié du livre je savais que ce serait un énorme coup de cœur ? Dès les premières pages on y est, dans cette ambiance ultra réaliste où l'on sent que tout peut basculer d'un moment à l'autre. Et Noémie va l'apprendre à ses dépends, une simple interpellation, tout est fait dans les règles avec son équipe, mais ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est la balle qui va lui exploser tout un côté du visage et changer sa vie à jamais... On est traumatisé avec elle par cette sensation d'être nous mais pas tout à fait la même, la rejet de certains, la peur de se confronter à son nouveau moi, le regard des autres... et son seul échappatoire reste le boulot. Sauf qu'avec un tel traumatisme, la réalité la rattrape et sa direction va tout faire pour la mettre au placard. Et pour cela, ils vont l'envoyer au fin fond de la France, à Decazeville pour une enquête interne afin de faire fermer cette brigade où rien ne se passe jamais pour nécessité de maintenir une équipe. La parisienne y va à reculons et découvre les contraintes du monde rural. On sent que Norek dénonce encore une fois à travers ce polar noir certaines réalités car dans les faits, les gens se sont réellement battus pour que cette brigade reste en poste dans la ville il y a quelques années. Je le sais car je connais bien cette ville où j'ai grandi. Un clin d’œil complètement inattendu qui m'a d'autant plus mis complètement dans le livre.

    L'auteur tire bien son épingle du jeu avec ce titre aux multiples sens qui va si bien à ce polar rural. Surface comme le lac artificiel près duquel Noémie va vivre, mais aussi comme ce visage qu'elle ne reconnait plus et enfin, cette ville en apparence si tranquille qui va pourtant voir surgir du passé ses fantômes les plus noirs... Énorme coup de cœur ! 
    PS : si vous lisez aussi l'auteur Lebel et Favan vous allez bien rire du clin d'oeil qu'Olivier leur a fait...


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  • Si je mens, tu vas en enfer
    Sarah Pinborough
    Traduit de l'anglais par Paul Benita
    Préludes - 2019
    9782253045649

    Résumé éditeur : LISA
    Brisée par un passé tragique, elle n'a d'autre rêve qu'une vie sans histoire, à l'abri des regards avec sa fille, Ava. 

    AVA
    Quand l'adolescente sauve un petit garçon de la noyade, et qu'elle devient une héroïne locale, leur monde menace de s'effondrer. 

    MARILYN
    Femme parfaite, mari parfait, maison parfaite et boulot idéal. Pourtant, lorsque la vie de sa meilleure amie, Lisa, est sur le point de s'écrouler, la sienne bascule.  Un instant aura suffi à bouleverser l'existence de ces trois femmes. Il y a des secrets qu'il vaudrait mieux ne jamais voir ressurgir. Et des fautes qu'on ne peut pas oublier.
     

    Mon avis : Voilà un thriller psychologique exactement comme je les aime ! Addictif, et prenant, le nouveau polar de Sarah Pinborough nous captive du début à la fin, après tout personne ne peut fuir son passé bien longtemps... J'étais embarquée et complètement passionnée par ces personnages inattendus aux passées que l'on sent bien cabossés dès les premiers chapitres qui nous mènent en bateau juste comme il faut. Car au départ, on sent quand même pas mal de choses venir, on fait ses propres pronostics en se disant "heu c'est un peu facile quand même" et puis là, sans prévenir, l'auteure vous retourne le cerveau d'un seul coup, en seulement quelques pages avant de vraiment tomber dans l'horreur. Car si vous vous attendez à un simple conflit familial, l'auteure gratte bien plus loin et plus profond. Le fait que chaque chapitre soit le point de vue d'un personnage et alterne entre un "avant", "après", "maintenant" nous aide peu à peu à mieux cerner Lisa et de quoi elle se cache mais aussi à mieux la détester ou compatir car dans ce roman rien n'est simple et ça tout le monde va vite le comprendre de gré ou de force... Une pépite que je vous recommande donc et une auteure que je vais suivre avec intérêt !


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