• Les Amours d'AlfrédLes Amours d'Alfréd
    Maude Mihami
    Nil - 2019
    9782378910266 

    Résumé éditeur : 1970, Le Camboudin, petit village breton. Alfréd, 10 ans, a toujours un prénom dont l’accent aigu lui déplaît mais désormais un chien dénommé Biscotte, une tante à qui emprunter de la lecture, une mère qui picole un peu moins et un grand-père qui tient toujours à lui comme à la prunelle de ses yeux. Il adore autant traîner au bistrot avec ses copains, une joyeuse bande de vieux qui lui apprennent la vie, que de faire des gâteaux avec Nénette.
    Mais le jour où une nouvelle institutrice, Mlle Annie, arrive à l’école, rien ne va pas plus au Camboudin : le cœur d’Alfréd s’emballe – et avec lui celui des autres habitants. Alfred-le-Vieux finira-t-il par déclarer sa flamme à Victoire ? Odette restera-t-elle célibataire ? Et quid de Roger, disparu il y a longtemps, mais dont l’âme semble être enfermée dans une urne au bistrot ?
    Quand l’amour se mêle à la trouspignôle, c’est toute la vie du village qui est chamboulée.

     Mon avis : Après Les Dix Vœux d'Alfréd, j'ai commencé ce nouvel opus avec un grand besoin de détente et de fraicheur.  J'ai adoré retrouver nos deux Alfred et toute la communauté du Camboudin, voir l'évolution des relations de certains personnages et surtout ce tome sous le signe des premiers amours que l'on soit enfant ou dans la force de l'âge.
    Pour notre jeune Alfréd ce premier coup de foudre vient pour la nouvelle maitresse arrivée à la hâte en fin d'année scolaire pour qui il serait prêt à tout. Pour son papy il s'agit plus de parler enfin avec son amour de jeunesse dont une question le taraude : qui est le père de l'enfant de Victoire. Le plus grand secret de sa meilleure amie et dont personne dans le Camboudin n'a jamais rien su.  Pour ce roman la grande nouveautée réside dans la voix donnée à Roger, le frère décédé du barman dont l'urne entreposée derrière le bar lui permet depuis des années de suivre ses amis de toujours et s'amuser des situations présentes. Ce dernier va avoir une très large place car son cher frère va prendre une très grande décision le concernant : celle de la vérité. J'ai vraiment adoré baigner dans cette bienveillance faite de farces et de vieilles rancunes de petits vieux, faisant de ce roman un très bon livre de détente pour qui veut se vider la tête. Je regrette un peu néanmoins l'humour très présent dans le premier volume et plus absent dans celui-ci.
    En soit rien ne vous empêche de lire ce roman si vous n'avez pas lu le premier car tout est amené avec une très grand fluidité et simplicité permettant de tout comprendre des liens qui unissent cette bande de copains au reste de la famille d'Alfréd.  Néanmoins la fin nous laisse présager une continuité directe avec le prochain titre de l'auteure sortie cette année : Du rififi au Camboudin.


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  • RituelsRituels
    Ellison Cooper
    Traduit de l'américain par Cindy Kopen
    Pocket - 2019
    9782266293396 

    Résumé de quatrième de couverture : Washington D.C. Des policiers découvrent le corps sans vie d’une jeune fille dans le sous-sol piégé d’une maison abandonnée. Elle est enfermée dans une cage suspendue. Avec elle, un chiot. Aux murs, d’étranges symboles mayas. Dans le sang de la victime, des traces de DTM, une drogue végétale que certains surnomment la molécule de l’esprit, une drogue rituelle d’Amazonie. L’affaire est immédiatement confiée à l’agent spécial Sayer Altair, spécialiste des neurosciences au FBI. D’autant que les premiers éléments de l’enquête apportent bientôt la preuve de l’existence d’une autre scène de crime et d’une autre victime. D’un autre cauchemar…

    Mon avis : Un polar lu dans le cadre du prix nouvelles voix du polar qui s'avère être une très bonne surprise ! Si de prime abord j'ai commencé ma lecture en me disant encore une histoire de tueur en série glauque, j'ai dévoré ce petit pavé de 500 pages en à peine 3 jours.
    Rituels nous entraîne dans une folle enquête d'enlèvements de jeunes filles. Retenues dans des cages surélevé avec un animal. Expérience ? Folie furieuse d'un homme excité de voir le moment du trépas ? L'enquête est pleine de rebondissements et nous tient en haleine sans jamais tomber dans le glauque contrairement à mon apriori.
    Mais la vrai force de ce policier réside dans ses personnages et notamment dans l'enquêtrice et neuroscientifique qu'est Sayer Altair. Au début je m'attendais à ce coté cliché de l'enquêtrice dont la vie est un champ de ruine mais l'auteure ne s'arrête pas à ça et livre un personnage tenace, à qui l'on s'attache plus elle tente de s'éloigner de tout contact humain. De même que son entourage, on s'attache rapidement à ce petit monde et on a peur pour eux ! Si j'avais misé sur le mauvais cheval concernant l'identité du coupable, je dois dire que l'auteure nous mène en bateau et réussi très bien à créer des retournements de situations complètement inattendus ce qui rend la lecture très addictive avec ses chapitres courts qui à la manière d'une pièce de théâtre sont faits en fonction des lieux où se déroule l'enquête. Et l'alternance entre Sayer et les victimes par moment donne un très bon rythme. Si vous recherchez un bon polar qui démarre vite, vous êtes au bon endroit. La suite est également sortie en grand format au Cherche-Midi peut-être pour une prochaine occasion !


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  • Lyra et les oiseaux
    Philip Pullman
    Traduit de l'anglais par Jean Esch
    Gallimard Jeunesse - 2018
    9782075093163

    Résumé éditeur : Deux ans après À la croisée des mondes, Lyra nous emmène dans une nouvelle aventure, en quête d'un mystérieux élixir... Un texte ensorcelant, illustré de gravures et de documents passionnants.

    Mon avis : Une petite nouvelle qui nous replonge dans le monde de Lyra, faisant à peine 48 pages, cette petite histoire n'apporte en soi rien de plus à la série mais nous offre toute la poésie et l'univers si cher à mon cœur de "À la croisée des mondes". C'est donc un récit qui n'est pas incontournable mais qui se lit plutôt comme un roman doudou ou une petite pause pour plonger dans ce Oxford pas tout à fait comme le notre où des oiseaux agissent étrangement.
    Le livre en luit même est un bel objet avec une carte d'Oxford en fac-similé j'ai juste trouvé dommage qu'elle ne soit pas liée directement à l'histoire tel un jeu de piste didactique mais bon peut-être suis-je un peu trop retombée en enfance durant cette lecture...


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  • Des Nœuds d'acierDes Nœuds d'acier
    Sandrine Collette
    Livre de poche - 2014
    9782253176015 

    Résumé de quatrième de couverture : Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, au creux d'une vallée isolée couverte d'une forêt dense, un homme est enchaîné. Théo, quarante ans, a été capturé par deux frères, deux vieillards qui ont fait de lui leur esclave.
    Comment a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, Théo sortait de prison quand ces vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d'eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers.

    Mon avis : Un livre à ne surtout pas mettre entre toutes les mains ! J'ai depuis quelques années envie de découvrir Sandrine Collette, ma chef m'ayant parlé de celui-ci le qualifiant de lecture horriblement marquante, lorsque je me suis aperçue que je l'avais et la tentation du confinement avec le résumé m'a décidé à me lancer...
    Le début nous apprend qu'il s'est passé quelque chose d'horrible mais ignorant l'identité du narrateur, on ne sait pas si il s'agit d'un médecin, un enquêteur ou quelqu'un lié de près ou de loin à l'affaire mais qui a en sa possession un journal dont il va nous narrer le contenu. Là où l'auteure fait très fort c'est que ce fameux journal est la matière même de l'histoire et reste écrite à la première personne du singulier, nous sommes donc dans la tête et les pensées les plus intimes de Théo. Notre homme est un ex-taulard qui a refait le portrait à son propre frère au point de le rendre handicapé moteur à vie. À ce stade on se dit que ce grand caïd ne craint personne pourtant, lorsqu'il se retrouve séquestré au milieu de nulle part par deux petits vieux le traitant tel un esclave, son passif n'est rien en comparaison aux traitements qu'il va recevoir. J'insiste sur le fait que ce roman n'est pas pour les âmes sensibles, moi-même j'ai dû fractionner la lecture de ces 160 pages tant certains passages m'ont vraiment écœuré et pourtant les polars noirs psychologiques j'adore ça !
    Le tour de force de Sandrine Collette réside dans son écriture simple mais terriblement juste qui empêche toute déconnexion avec la réalité, pas un acte n'est de trop ou surréaliste pour permettre au lecteur de se dire "non mais calmons-nous il ne s'agit que d'un livre !" . L'horreur est palpable est monte crescendo, la fin reste jusqu'au bout incertaine au point qu'on ne se demande plus si ce pauvre homme va s'en sortir ou non mais plutôt dans quelles circonstances il va mourir. C'était terriblement addictif et horrible mais je vais faire remonter haut dans ma pile à lire ses autres polars tant son style m'a plu (même si je vais avoir besoin d'une lecture doudou et plusieurs jours pour me remettre de celle-ci).


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  • Population : 48Population : 48
    Adam Sternbergh
    Traduit de l'américain par Charles Bonnot
    Super 8 - 2018
    9782370561114

    Résumé éditeur : Tout le monde est coupable. Personne ne sait de quoi.
    Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ. En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…
    Férocement drôle, comiquement féroce,
    Population : 48 – le troisième roman d’Adam Sternbergh – est aussi un redoutable page-turner où, quelque part entre Tarantino et La Quatrième Dimension, aucun personnage n’est vraiment ce qu’il paraît être. 

    Mon avis : Cela fait des années que je rêvais de découvrir les éditions Super 8 dont la ligne éditoriale m'a l'air très originale, le papa noël de 2018 a réalisé mon rêve en m'offrant ce roman dont je ne sais toujours pas dans quelle catégorie le classer. Population : 48 est à la fois un roman noir, où la gâchette facile de certains rappellera le côté western texan. En revanche si c'est le côté science-fiction qui vous attire, on est loin du monde futuriste plutôt de l'expérience qui tourne mal...

    Bienvenue à Caesera la ville fantôme où une firme expérimente un tout nouveau concept de vie : faire cohabiter des gens condamnés pour des crimes particulièrement terribles, ou des témoins dont la vie est en jeu depuis le procès, dans une même ville coupée du monde après leur avoir effacé la mémoire. Chaque habitant se souvient ou pas de son enfance mais absolument pas des actes ou de quel genre d'homme il a pu être par le passé. Une ville parfaite où le crime n'existe pas et où chacun mène une existence paisible. Mais pour le shérif la semaine de la mort commence par l'assassinat d'un premier résident un soir...
    Quelqu'un de l'extérieur aurait-il réussi à s'infiltrer ? Personne à part le shérif ne possède une arme à feu. Rapidement l'auteur prend le contrepied de ce qui aurait pu être un simple policier en huit-clos. Car nous connaissons l'identité du tueur et comprenons que plusieurs résidents nouveaux ou anciens ont une tâche bien précise à accomplir ici et sont sur le point de faire changer les choses dans cette étrange ville.  Personnellement j'ai lu avec pas mal de lenteur le début me laissant porter par cette étrange ambiance où les règles sont stricts et pourtant si souvent enfreintes... Un massacre est sur le point d'arriver mais pour des raisons que je n'imaginais même pas au départ, j'ai d'ailleurs beaucoup aimé cet aspect du livre, ce passage où l'on comprend que si les habitants de Caesera n'ont aucune idée de qui ils étaient, leur passé les rattrape indéniablement. Que ce soit par leurs habitudes, passions inoffensives pour découvrir qu'au final ce projet a plus de l'expérience de laboratoire qu'une vraie solution pour atténuer le mal qui règne dans notre société. Pourtant ces criminels qui ont oublié leurs méfaits vont être au centre du récit pour défendre ce qui leur ait plus cher : cette vie d'oubli qu'ils ont mené pendant presque dix ans avant que tout ne soit chamboulé par un grain de poussière. Combien d'entre eux sans sortiront ?
    Une lecture dépaysante à sa manière et très divertissante.


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